Avec l’arrivée des premiers ordinateurs grand public à la fin des années 70, une frange particulière et bien mystérieuse de cette population s’est développée: les hackers. Ce mot désigne en fait les utilisateurs qui préfèrent bidouiller un ordinateur plutôt que de simplement l’utiliser. Parfois hors la loi, mais jamais vraiment dangereux, revenons sur les plus grands noms de ce phénomène du début jusqu’à nos jours.

1. JOHN DRAPER, Le vétéran

A la fin des années 60, le vétéran du Vietnam John Draper apprend par un ami aveugle que le sifflet offert en cadeau dans les céréales cap’n Crunch reproduit un son de 2600 Hz. Cette fréquence, reproduite dans un combiné téléphonique, permettait à l’époque d’obtenir un contact avec le central téléphonique. Avec un blue box (un générateur de sons), John pouvait en plus en prendre le contrôle. Il était possible de faire croire au standard qu’un appel n’avait pas abouti et donc, de ne pas payer. Grâce à cela, Draper est considéré par beaucoup comme le père du phreaking (le piratage des lignes téléphoniques). Ses disciples l’ont d’ailleurs surnommé Cap’n Crunch même s’il se défend d’avoir découvert le fameux sifflet en premier. Anecdote amusante, c’est Draper qui a appris à Steve Wozniac (le cofondateur d’Apple) le fonctionnement de la blue box. Ce dernier en vendait même sur son campus pour se faire de l’argent.

2. ROBERT T. MORRIS JR, le fils prodigue

Robert T. Morris JR junior est le fils d’un chercheur de la NCSA (l’agence américaine de la sécurité informatique). Son père aurait, selon la légende, apporté à la maison une Enigma Code MAchine (une machine de cryptographie qui a servi durant la Deuxième Guerre mondiale). Le petit Bob se l’était bien sûr accaparée! En 1988, il crée un ver informatique (le premier de l’histoire) qu’il laisse s’échapper par mégarde sur Internet (qui ne reliait à l’époque que quelques gros ordinateurs d’université et de l’armée). Le but était de mesurer la taille d’Internet, mais cette “contamination” fut si grande que le réseau des réseaux dut fermer pendant quelques heures! Il fut condamné à trois ans de mise à l’épreuve. Bob est désormais professeur au MIT (Massachussetts Institut of Technology), le lieu même où il commis son forfait! Son pseudo, RTM, est constitué de ses initiales, mais forme aussi l’acronyme de “Read The Manual” (lisez le manuel en français) en hommage à sa maladresse.

3. VLADIMIR LEVIN,

 

 Le cyberbraqueur

En 1995, Vladimir Levin, un mathématicien russe, est le premier homme (connu!) à avoir piraté le réseau bancaire SWIFT (qui s’est spécialisé dans la sécurisation des transactions bancaires électroniques). Il détourne ainsi dix millions de dollars de la City Bank de New York vers des comptes appartenant à ses complices dans toute l’Europe. Il est arrêté par Interpol à l’aéroport d’Heathrow la même année. Levin s’est battu jusqu’au bout contre son extradition. En effet, les Etats-Unis voulaient le juger alors qu’aucun ordinateur américain n’a été utilisé lors du piratage. Le cyberbraqueur a quand même fait une de ses trois années de prison chez l’Oncle Sam. On l’a aussi cond

amné à rembourser sa part du butin. Depuis ce piratage, la City Bank a revu totalement son système de sécurité. Levin est aussi très méfiant: il a révoqué un de ses avocats commis d’office car il le soupçonnait d’être du FBI.

 

 

 

 

4. KEVIN MITNICK, Le plus connu

Kevin Mitnick a commencé sa carrière à 17 ans en piratant le centre de commandement de l’aviation américaine. Certains pensent que cet exploit a servi de toile de fond au scénario du film Wargame. C’est un grand spécialiste du “social engineering”, ou l’art d’obtenir des renseignements de manière détourné (en se faisant passer pour une autre personne, un organisme, la police etc.) A cause de trois arrestations successives, il entame en 1988 une cure de désintoxication informatique qui échouera. Plus tard, des experts le jugeront “accro” au hacking. Après une traque de sept ans, “le Condor” se fait arrêter en 1995 pour des faits accomplis au début des années 90. Ses victimes ont été plus ou moins incitées par le FBI à gonfler le coût des dommages subis pour le faire plonger plus longtemps. En partie à cause de cela, Mitnick restera 4 ans en prison sans procès. A sa sortie, il est frappé d’une interdiction de se servir d’un PC ou d’un téléphone portable pendant 4 ans supplémentaires. Il coécrira donc son premier livre The Art of Deception à la machine à écrire. Il s’est lui aussi reconverti dans la sécurité…

5. KEVIN POULSEN, Le répenti

Kevin Polsen alias Dark Dante est vite passé maître dans l’art de s’infiltrer dans les réseaux. Il devient alors consultant pour l’industrie de la défense américaine. Il profite de cette position pour faire quelques “blagues” comme voler une liste d’agents du FBI infiltrés dans différentes organisations. En 1989, il est accusé d’espionnage, d’écoute illégale et de blanchiment d’argent. Il fera 17 mois de prison, mais en 1994, il reprend 51 mois supplémentaires pour fraude. Il avait gagné 3 ans plys tôt une Porsche 944 à un jeu radio en piratant le système téléphonique pour passer lui-même le 102ème appel gagnant! Comme Mitnick, il a été interdit d’ordinateur et de cellulaire pendant trois ans. Grand fan de serrurerie, il est désormais consultant en sécurité informatique et rédacteur en chef du magazine en ligne Wired News et fait la chasse aux pédophiles pour le gouvernement américain.

6. GARY MCKINNON

Gary Mckinnon est un hacker écossais qui croit dur comme fer que le Pentagone nous cache la vérité au sujet des petits hommes verts. Pour faire connaitre la vérité au monde entier, il décide en 2001 de s’introduire dans un des ordinateurs de la NASA. On trouve aussi des traces de son passage dans des machines appartenant au ministère de la Défense, à l’armée de l’air, la marine et au Pentagone. Ses accusateurs révèlent qu’il a pénétré illégalement une centaine de machines toujours dans le but de trouver des réponses à ses questions sur l’affaire Roswell et la zone 51… Il déclare savoir que le gouvernement américain efface les traces visuelles d’OVNI des photos satellites avant de rendre celles ci publiques. Arrêté, puis relâché en 2002 par manque de preuves, il est de nouveau arrêté en 2005 et a tout tenté pour ne pas être extradé  chez l’Oncle Sam où il risque une peine de 70 ans de prison. En 2012, la ministre de l’intérieur britannique, Theresa May déclare que McKinnon ne sera pas extradé pour raison de santé.

7. JON JOHANSEN, Les casseurs des protections

John Johansen, aussi connu sous le pseudonyme de DVD Jon ne s’introduit dans aucun réseau et se fiche bien des secrets du Pentagone: c’est cracker. le but de ce jeune norvégien est de casser les protections informatiques. En 2001 alors qu’il n’a que 17 ans, il va se faire un nom en cassant le CSS, la protection intégrée au DVD Vidéo. En 2003, c’est au tour d’Apple et d’iTunes de subir les foudres de ce jeune bidouilleur par le biais de son logiciel QTFairUse. ce dernier permettant en fait de supprimer les DRM des chansons et ainsi de déverrouiller leur utilisation. En 2005 Jon fait de même avec Windows Media Player et réussit par rétroconception à briser la méthode de chiffrement des DRM Microsoft. Encore plus récemment, signalons que c’est la première personne à avoir débloqué l’iPhone pour s’en servir via une borne WiFi. Malgré deux procès il n’a jamais été condamné.

8. JULIAN ASSANGE, L’hacktiviste

Assange est le fondateur de Wikileaks le site Web qui a rendu public des secrets d’Etat américains entre autres : des traitements inhumains dans la prison de Guantanamo, le mauvais traitement des soldats américains contre les Irakiens lors de la guerre en Irak, la diffusion de plus de 20 000 000 e-mails très compromettants du parti démocrate qui ont complètement bouleversé la campagne d’Hillary Clinton, favorite dans les sondages de la présidentielle américaine de 2016.

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