Pour aider son père Clément Pascal, collecteur de taxes, Blaise Pascal (1623-1662) conçoit en 1642 l’idée d’une machine à calculer. La démarche du jeune mathématicien de 19 ans est exemplaire du processus d’innovation.
Schématiquement il a : perçu un besoin émergent, répondu en concevant une machine; développé celle-ci en « mariant » des techniques et des concepts préexistants, la mécanique horlogère et l’arithmétique décimale exprimée en chiffres inde-arabes, identifié le problème crucial de la mécanisation du calcul: comment mécaniser le report de retenues? Et il l’a résolu en inventant un dispositif: le sautoir. Celui-ci fonctionne suffisamment pour que la machine soit utilisable, mais sera ensuite perfectionné ou remplacé
par des systèmes plus fiables et plus efficaces. C’est ce dispositif qui sépare les simples instruments de calcul (boulier, etc.) des machines.
Après trois années de travail et plus de cinquante maquettes ou prototypes, Pascal présente sa première réalisation opérationnelle, capable d’additionner et de soustraire des nombres sur six chiffres ; des modèles non-décimaux, notamment en unités monétaires livres

Intérieur de la machine arithmétique de Pascal (réplique vers 1970)

La « Pascaline» est considérée comme la première machine à calculer ayant réellement fonctionné,
la seule machine à calculer opérationnelle du XVIIe siècle et la première à être commercialisée (une vingtaine d’exemplaires), même si son prix élevé la rend peu accessible. C’est aussi la première à être «brevetée» (privilège royal de 1649) et la seule qui soit décrite dans L’Encyclopédie de Diderot & d’Alembert (1751 ). Si elle a peu d’impact sur les pratiques du calcul, son existence même révèle dans tous les milieux cultivés d’Europe qu’une machine peut effectuer des tâches intellectuelles.

 

 

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